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Excursion dans les Tulous Hakka (Suite 2)

Pour notre dernier jour dans le Fujian, le programme change radicalement. Après deux jours complets chez les Hakka, nous partons visiter la partie sino-européenne du Fujian : l’île de Gulangyu, à Xiamen.

 

Jour 3 : le 13 mars

Ce matin, réveil bien matinal car nous avons 3h de route pour rejoindre Xiamen.
Notre guide, Mina, est vraiment super. L’auberge propose en effet un petit déjeuner très chinois (du riz bouilli et des beignets bien huilés) et Mina arrive de bon matin avec du pain fait maison (qu’elle avait sans doute commandé dans l’auberge de la veille) ! Cela allait parfaitement avec nos sachets de thé récupérés les jours précédents dans les hôtels.

Nous voilà donc partis de bonne heure pour le ferry de Xiamen. Une partie du groupe ayant un train en fin d’après-midi et l’autre partie un vol ; Mina, a peur que nous n’ayons pas le temps de tout visiter. Finalement, il n’y a aucun embouteillage sur la route et nous arrivons au ferry vers 11h. Mina nous explique que les restaurants de l’île de Gulangyu ne comptent pas parmi les meilleurs et nous propose donc d’attendre un peu et de manger avant de prendre le bateau.
Nous nous installons donc au restaurant. Comme il est encore trop tôt pour manger, nous sortons nos cartes et notre ami canadien apprend au reste du groupe et à Mina à jouer au Blackjack. En étant au stage de l’apprentissage, nous n’avons bien sûr pas joué de l’argent.

Nous prenons ensuite notre repas bien varié et prenons la direction du ferry à pied. Le terminal du ferry est un batîment bien bizarre, une imitation sans doute de l’Opéra de Sydney… A l’intérieur, c’est un grand hall avec des départs non seulement pour l’île de Gulangyu mais aussi des destinations internationales. Mina part acheter les billets aller-retour, des feuilles de papier imprimées avec notre nom dessus. Le document servant pour faire l’aller-retour en bateau, nous devons faire attention de ne pas le perdre ! Les contrôles sont nombreux et nous devons montrer notre billet mais aussi notre passeport… Le timing est par contre parfait car nous sommes parmi les premiers à monter dans le bateau et pouvons donc choisir nos places. Malheureusement, le beau temps n’étant pas au rendez-vous, nous pouvons à peine apercevoir les îles au loin.

Nous arrivons rapidement à l’île de Gulyangyu et la visite commence. Nous partons nous balader dans des petites allées pavées ou goudronnées et ombragées par des banians centenaires. L’endroit est vraiment joli.

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Maison occidentale de Gulangyu

Mina nous explique que l’ensemble de l’île est piéton. Les voyageurs décidant de résider une nuit sur l’île se trouvent donc obligés de tirer leur valise sur des pentes parfois abruptes. La ville pourrait facilement construire un pont entre le « continent » (Xiamen est une île donc on ne peut pas vraiment parler de continent) et l’île de Gulangyu mais cela enlèverait beaucoup de charme aux lieux et Gulangyu perdrait son aspect écologique…
Les maisons de cette île ont été construites par des expatriés étrangers ou des Chinois expatriés. Certaines maisons étaient même des ambassades et des consulats et datent parfois des années 1860. Au milieu du XXème siècle, la Chine ferme ses frontières et les maisons sont alors laissées à l’abandon. Le gouvernement décide alors d’autoriser le déplacement des familles pauvres de Xiamen dans ces maisons, et ce, gratuitement ! Ainsi, une grande partie des maisons de Gulangyu sont aujourd’hui occupées par des familles « pauvres » qui ont réaménagé le bas de la maison en café, restaurant ou magasin.
Certaines maisons ont été laissées à l’abandon mais d’autres ont été transformées en hôtel ou bien ont été préservées telles quelles pour leur beauté. Sur l’île de Gulangyu, certaines bâtisses ont été reconnues pour leur style ; à l’entrée des plus belles, on peut donc lire une inscription précisant leur rang.

Les ambassadeurs s’étant installés à l’époque sur l’île de Gulangyu avec leur famille ; ce n’est pas que des maisons que nous pouvons découvrir aujourd’hui. Des écoles privées, des collèges, des églises,… C’est un véritable village !

Nous traversons l’île pour arriver sur l’une des plages de Gulangyu. Bien qu’elle soit jolie avec son sable jaune et ses palmiers, personne ne se risque à approcher la mer du fait du mauvais temps. Mina nous montre de loin le Pic du Soleil, le point de vue le plus haut de l’île. Le distinguant au milieu de la brume, nous sommes bien contents d’être restés en bas car la montée avait l’air difficile et la vue ne devait pas être terrible…

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Plage de Gulangyu

Nous prenons ensuite la direction du jardin Shuzhuang, juste à l’extrémité opposée de la plage. L’entrée est payante (mais inclue dans notre voyage) et nous entamons donc la visite. Dès l’entrée, Mina nous fait nous retourner pour nous montrer une inscription. Dans le langage chinois, toujours très imagé, ce jardin cache la mer. En effet, le jardin Shuzhuang a été construit de telle sorte qu’on ne distingue pas la mer du lac. Suivant notre emplacement, on voit un lac avec des pavillons et des rochers. D’un autre point de vue, on a l’impression que le lac se perd à l’horizon. Certains disent donc que le jardin est la mer et que la mer est le jardin.
En plein milieu de la visite, il se met tout d’un coup à pleuvoir des trombes d’eau et nous trouvons refuge sous un pavillon à cheval sur le lac et la mer.

La pluie ne s’arrêtant pas, nous décidons de continuer sous le déluge pour traverser le pont en zigzag et atteindre la première partie du Musée du piano, situé dans le jardin.
Le fondateur du jardin était un Chinois expatrié passionné de piano. A son retour sur son île natale, Gulangyu, il a décidé de faire donation de ses pianos (plus de 80 instruments !) à l’île sous condition qu’ils soient bien entretenus et qu’ils restent sur Gulangyu.
Le musée est ainsi séparé en deux bâtiments. Des pianos de toutes sortes sont ainsi présentées de même que des musiciens ou familles d’artistes natifs de Gulangyu. Certains pianos ont vraiment des formes particulières mais il n’est bien sûr pas possible d’y toucher.
Le deuxième bâtiment est du même style que le premier à la différence qu’une artiste vient jouer un morceau de piano toutes les demi-heures sur un magnifique piano à queue. C’est très mélodieux mais seuls les Chinois connaissent la chanson car elle parle justement de l’île de Gulangyu !

La pluie n’ayant toujours pas cessé, nous reprenons la direction du ferry sous nos parapluies. Nous passons sur le côté de l’île faisant face au quartier moderne de Xiamen. Mina nous montre alors le ferry utilisé par les locaux pour traverser le bras de mer loin de la foule des touristes. La traversée est bien plus rapide ! Il n’y a encore pas si longtemps, les voyageurs prenaient également ce bateau pour atteindre Gulangyu. Le flux de touristes étant trop important, ils ont maintenant séparés les deux transports.

Nous arrivons donc au terminal du ferry et prenons un bateau pour faire la traversée dans le sens inverse. La brume étant persistante, il n’y a pas grand chose à voir. Quelque chose attire quand même notre regard lorsque nous longeons Xiamen : une tour donne l’impression d’être coupée en deux ! Une brume épaisse recouvre en effet le milieu de la tour et le résultat est surprenant. Voici un petit aperçu.

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Building disparaissant dans le brouillard à Xiamen

Depuis le ferry, nous retrouvons notre chauffeur et prenons la route de la gare. Cela sans la fin du voyage… Sur le trajet, je remarque que nous traversons le pont pour rejoindre la partie de Xiamen sur le continent et comprend qu’il y a une problème : la gare de Xiamen est dans le centre-ville. Inquiète, je demande à Mina si nous allons bien à la gare de Xiamen Centre. Et là, surprise, elle pensait que notre train partait de Xiamen Nord, comme les 3/4 des TGV partant de Xiamen… Heureusement, à la sortie du pont, nous pouvons facilement prendre la direction inverse et retourner en centre-ville ! Nous avons éviter la catastrophe !
Mina nous dépose à l’heure à la gare de Xiamen Centre et c’est le moment de dire au revoir à Mina mais aussi à notre compagnon de voyage canadien qui se rend à l’aéroport pour y prendre un vol à destination de Shanghai.

 

Conclusion

Un voyage très riche en découvertes. Les Tulous du Fujian, bien encore peu connus pour les Français, représentent une visite enrichissante. Les sites sont variées et permettent de ne pas se lasser.  Il ne faut pas plus de visites de Tulous.
L’île de Gulanyu n’est par contre pas indispensable. Les Chinois doivent beaucoup l’apprécier car ce n’est pas une architecture typique pour eux. Cependant, pour des Occidentaux, cela ne représente qu’une balade tranquille si l’on ne sait pas quoi faire à Xiamen pour une après-midi.

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